
Je me suis toujours dit que j’avais plutôt une mémoire visuelle. Une mémoire par image, par sons et par expériences, plutôt qu’une mémoire qui serait uniquement des mots, un long parchemin qu’on déroule.
J’ai appris que cette distinction mémoire visuelle/auditive était un peu éculée, et qu’on avait fait des progrès depuis. Qu’on est un peu toustes à la fois un mélange de sons, de sensations, d’images et d’écrit.
Il y a deux ans environ, j’ai commencé à transporter avec moi un carnet à dessins lorsque je pars en vacances. J’essaie de faire en sorte que ce soit toujours le même, et lorsque quelque chose me touche et que j’ai un peu de temps, je le remplis de croquis qui reflètent mon expérience.

Depuis peu, j’y ai aussi ajouté l’écrit, avec des informations utiles, des sensations, et le collage, principalement de tickets d’entrée de musées.


Ce carnet agit un peu comme un album photo de voyages. C’est certes un peu plus complexe à mettre en place, et ça prend un peu plus de temps, mais le résultat final me touche beaucoup plus dans sa forme. En général, le croquis que je choisis de faire transpose une émotion que je ne saurais pas traduire par de la photo. Je ne suis pas encore assez à l’aise avec cet outil, la post prod et le travail que cela demande.

Pour le moment mon carnet de voyage est un carnet format paysage qui tient dans la main. Le papier est plutôt fin, aussi je travaille uniquement au feutre ou au stylo plume dedans. J’ai en général deux trois stylos dans ma poche, que je sors au grès des besoins. J’attends d’être mieux installée pour ajouter de la couleur. Ce carnet est tout simple, le format est optimal car il occupe le moins de place possible tout en offrant une bonne surface de dessin. Le format qui tient dans la main me permet de ne pas passer trop de temps à détailler un dessin, et d’aller directement à l’essentiel. J’essaie aussi de ne pas trop utiliser de croquis préparatoire et d’y aller directement au feutre. Cela demande une très bonne observation du sujet, d’où mon trait part et où il se termine. C’est un exercice salutaire pour ma pratique générale du dessin.

Comme j’ai eu une collectionnite aigüe, j’ai plusieurs carnets à écouler entre-temps. J’en ai aussi un avec du papier recyclé que j’avais pris pour des vacances dans l’Aude, et un avec du papier aquarellable où j’ai créé une aquarelle matinale de la fenêtre de ma chambre d’enfant. Le papier recyclé ne me convient pas pour le moment: je le trouve trop absorbant et fragile. Il ne me permet pas de tester et profiter du matériel que j’utilise. Une erreur et on a vite fait de trouer le papier ou de le faire pelucher. Le carnet aquarellable, en plus d’être un peu « lourd » pour sa taille, est trop intimidant pour que je l’utilise librement. Je ne peux pas faire de dessins sur le vif, j’ai toujours l’impression que chaque page de joli papier demande une œuvre d’art bien pensée. Aussi, même si j’aime d’amour l’aquarelle, elle n’est pas pratique pour moi à utiliser de façon nomade: c’est à dire souvent debout, avec trois feutres dans une main et mon carnet dans l’autre.
Lorsque j’aurais fini la plupart de ces carnets, je prévois d’utiliser des carnets que je fabrique. Je me suis mise récemment au bricolage de papier et j’adore ça. J’aimerais beaucoup conjuguer cette technique avec celle du croquis pour créer des carnets vraiment personnels.
Après plusieurs essais et tergiversations, j’ai décidé de ne plus emporter de trousse, mais de ranger directement mes feutres et mon carnet dans mon sac ou une poche de ma veste. Je peux de cette façon y avoir accès facilement et rapidement. De plus, avec la trousse, j’avais toujours tendance à prendre trop et ne plus rien retrouver.
Comme j’en ai déjà parlé sur mon blog, j’essaie de réduire un peu mon matériel de bureau et de dessin. Toutefois, j’apprécie d’essayer de nouvelles choses. Mon carnet me sert aussi à « passer » mon matériel en trop. Masking tape, stylos colorés, feutres que je n’utilise jamais. Il me force à trouver une façon créative de les employer en attendant de trouver les outils idéaux avec lesquels j’aimerais réaliser toutes mes productions. J’essaie donc de faire tourner un petit nombre d’outils, me familiariser vraiment avec eux, les explorer et décider si oui ou non je peux les implémenter dans ma pratique artistique quotidienne, dans l’environnement connu de mon bureau.
A la maison et au travail, j’utilise un autre carnet pour mes croquis « imaginaires », ceux que je fais pour passer le temps ou me défouler. Il ne provoque pas chez moi la même sensation que mon carnet de voyage, et j’ai l’impression qu’il ne fait pas appel aux mêmes mécanismes, aux mêmes schémas de pensées. Je tiens également -parfois- un journal écrit, qui cette fois est bien séparé de mon carnet à dessins.

Je vous en parlerai probablement dans un prochain article.
A bientôt, et merci de me suivre 🙂























