Weekend camping

Salut !

Ce week-end, j’ai eu envie de nature et d’évasion. J’ai donc décidé d’aller camper. Ça promettait pour moi d’être une petite aventure. Même si j’étais dans un camping confortable, je n’étais jamais partie seule avant. J’ai donc soigneusement fait mon sac (trois jours à l’avance, au cas où) et je suis partie. Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de glisser un carnet et des crayons entre la trousse de toilette et la laine polaire.

Le premier jour, après m’être tranquillement installée, j’ai décidé de randonner jusqu’au sommet du Monjallat. Après m’être renseignée, je comprends qu’il ne faut pas confondre le Mont Jalla sur lequel est située la Bastille de Grenoble et le Monjallat mentionné au-dessus. La ressemblance des deux noms vient de leur construction similaire : Mont et Jal. Jal est un dérivé de Gal, qui a donné le terme Gaulois. On tient à nos allobroges par ici ! La randonnée m’a pris trois heures en tout et pour tout, en comprenant la pause pour ramasser des framboises. J’étais tellement contente d’en trouver, je pense que mon exclamation s’est entendue jusque dans la vallée. Je voulais les redescendre pour le goûter, mais c’était trop tentant, elles n’ont pas tenu une demi-heure.

En montant, on s’aperçoit que le paysage est rythmé de grandes prairies pour le fourrage, et de grandes forêts de bois de chauffe. C’est surtout du sapin, qui donne d’ailleurs son nom de Sappey au village tout proche. En montant, je me pose en face de Chamechaude, et je réalise son portrait. On voit bien les strates géologiques et les marques laissées par le temps. Je me laisse toujours surprendre par le relief Alpin, si différent de ce que je connais dans les Pyrénées. Les montagnes ont la tête toute plate à force d’érosion. 

J’espère voir des animaux, mais je ne croise que quelques oiseaux et insectes. En revanche, j’en entend parfois courir autour de moi. Comme je suis seule, je fais peu de bruit et me concentre donc sur les bruits environnants. Craquements de branches, le bruit d’une petite bête qui fuit et d’une nettement plus grosse qui retourne le sol avec délectation. Comme souvent, je vois des plumes de geai au sol, mais jamais l’animal lui-même.

Alors que je rentre au camping, j’en profite pour prendre mon carnet et mes crayons et dresser le portrait d’une jolie caravane toute ronde. Elle a des airs de motte de beurre. J’esquisse aussi le panorama visible de ma tente. On voit bien les pistes de ski délaissées jusqu’à l’hiver prochain. 

En faisant le tour du camping, j’essaie de suivre un cours d’eau pour voir si je peux tremper les pieds, sans succès. Je verrai par contre trois gros rapaces qui tournent en rond, peut-être autour de leur repas du soir. 

Le lendemain, après avoir passé une petite nuit –je n’avais pas pris un duvet suffisamment chaud, à noter pour la prochaine fois- je pars pour l’Emeindras du dessus, à 1420m. C’est une randonnée agréable d’environ 4-5h. Je suis assez surprise car je ne suis pas exactement sportive, mais en marchant à mon rythme j’arrive au sommet dans les temps. Je traverse la forêt communale du Sappey en Chartreuse, ainsi qu’un bel alpage. Un petit panneau informe bien qu’il faut rester à 20m au moins des vaches en estive. A l’aller, je les vois, je les sens mais ne les croise pas. En montant, je surprends un lapin qui rentrait chez lui, ainsi que plusieurs insectes. Il y a une quantité de papillons incroyable ! 

L’Emeindras du dessus est couronné d’une petite étable, dans laquelle je peux entendre quelques vaches. Je prends mon repas juste à côté, et je tire le portrait de Chamechaude sous un angle différent. J’ai également pris en photo ce que je pense être la dent du chat (les conaisseureuses pourront corriger).

Un petit point sur le repas : je fais le plus minimaliste possible lorsque je campe. Je n’aime pas utiliser de réchaud non plus. En général, je mange toujours la même chose, à savoir : 

  • Des légumes qui se conservent bien sans frigo, ici un poivron et des tomates 
  • Des protéines, des lentilles pour moi. 
  • Un fruit en dessert, idéalement pas “fragile” donc une pomme 
  • Un petit paquet d’épices pour agrémenter le tout 
  • Du pain de route, complet avec des fruits secs, des noix, des amandes 
  • De l’eau, de l’eau ! 
  • Des fruits secs, et généralement un petit plaisir (du chocolat noir 80%) 

Pour redescendre, je décide de prendre un autre chemin, plus étroit et moins confortable qu’à l’aller. Cela me demande de combattre mon vertige (modéré). C’est un sous-bois et je prends en photo quelques fleurs. Il s’agit d’un lys martagon et d’une orchidée : l’orchis fuschii. J’en profite pour mettre aussi une photo de cette belle fleur violette que je n’ai pas su identifier, si vous avez une idée laissez un commentaire, je corrigerai.

Je traverse à nouveau l’alpage, et cette fois, je verrai de vaches, de beaucoup trop près à mon sens. Il y en a en effet une dizaine que je vois arriver sur le sentier en face de moi. Plutôt que de les croiser, je décide de les contourner en traversant par le pré. Il faut savoir que je connais mal les vaches et que j’en ai un peu peur. Au bout de quelques pas, je constate avec horreur qu’elles se dirigent dans ma direction. Je marche donc un peu plus vite et comprends ma bêtise lorsque je me retrouve dans l’eau jusqu’aux chevilles. Le troupeau m’a fixée avec un air de Jolly Jumper qui trouve un cow-boy dans son abreuvoir. J’ai fini par prendre mon courage à deux mains et réussir à leur tourner le dos pour partir. Une fois sortie de l’alpage, j’ai eu besoin d’une petite pause.  

Pour le côté pratique, il y avait un petit panneau au camping qui expliquait la conduite à suivre si vous ne pouvez pas respecter la distance de 20m entre vous et les vaches : 

  • Ne pas crier, courir ou faire de geste brusque 
  • Contourner le troupeau en répétant de la voix la plus basse possible “Olà, olà, je passe. Olà.” 
  • Ne pas cesser de parler tant que vous traversez le troupeau, toujours d’une voix calme et basse 
  • Ne pas regarder les vaches en face, comme un prédateur, mais plutôt de côté 

Je rajoute un truc appris aux côtés de mon grand-père paysan : si la vache fait “oui” avec la tête, c’est le moment de rebrousser chemin calmement. Elle ne veut pas que vous ailliez plus loin, il peut y avoir son veau dans les parages. 

Une fois rentrée au camping, je remballe mes affaires, galère pour replier ma tente, puis direction l’arrêt de bus pour repartir à Grenoble. Comme le bus est dans un moment, j’en profite pour prendre un sirop et une glace au bar. 

Voilà donc la fin de ma petite aventure solo. C’était assez calme mais je suis contente de l’avoir fait. Je note donc pour la prochaine fois de prendre un duvet plus chaud, moins de vêtements, un seul pantacourt+ t-shirt et ma robe pour traîner auraient suffi plutôt que de prendre un ensemble supplémentaire. 

Je retenterai clairement l’expérience. C’était très agréable de randonner à mon rythme. Avec mon carnet et un bon livre, je ne me suis pas ennuyée une seconde dans les moments d’attente. 

Merci de m’avoir lue et à bientôt pour de nouvelles aventures 😉