Quand le vert vous manque

Voilà quinze jours maintenant que l’on ne peut plus sortir. Le virus à couronne fait des ravages et on se confine chez soi, tant bien que mal. Après le premier confinement, j’ai ressenti le besoin de sortir, de « m’enforester », de sortir de la ville et de gagner la montagne. Si comme moi, le dehors vous manque, que vous n’avez qu’une envie: chausser vos godillots, prendre votre sac et vous perdre pour ne plus jamais revenir, je vous propose quelques alternatives, un peu moins radicales.

1- Profiter de son kilomètre

Balade du sentier de la pissarde…il y a de cela une éternité!

La troisième case de l’attestation vous le dira, une heure, un kilomètre par jour. Hors, en une heure, l’être humain marche en moyenne sur 4km. Vous avez donc la possibilité de faire une marche de 4kms autour de chez vous. Mappy propose un outil pour visualiser la zone à ne pas dépasser autour de chez vous. Avec un peu de chance, il y aura un parc où deux à l’intérieur.

Je vous conseille aussi de sortir avec votre téléphone ou votre appareil photo en main. Cela m’a permis de faire quelques clichés originaux d’une zone que je pensais pourtant bien connaître, et ainsi vous fournir un article. Vous pouvez aussi faire comme l’autrice de mycologie66 et vous lever tôt pour tenter d’apercevoir des voisins insoupçonnés, des champignons, et petits animaux qui peuplent les villes.

Je ne peux que vous inviter à télécharger des applications d’identifications de plantes quand vous marchez autour de chez vous. Prêtez attention à la végétation et ses changements, nous sommes en automne, ces derniers sont nombreux! J’aime identifier les espèces qui m’entourent lorsque je me balade, et cela s’applique aussi aux parcs en ville.

Un papillon un peu collant

2- Lire, s’instruire

La lecture constitue un bon moyen de s’évader. J’ai fait une sélection de livres de confinement, que je lis actuellement. J’ai privilégié les récits de voyages.

  • Wild, de Cheryl Strayed
  • De sève et de sang, de Julia Hill
  • Sur la piste animale, Stéphane Morizot
  • Croire aux fauves, Natassja Martin
  • J’ai réveillé le tigre!, de Sarah Marquis

J’écoute aussi des podcasts et regarde des émissions en rapport avec la nature. Sélection:

Vue des Pyrénées depuis la Cerdagne

Je joue aussi pas mal à des jeux vidéos qui « font voyager ». Ma dernière découverte en la matière est « The red lantern », un jeu à la première personne sur une jeune femme qui rejoint sa nouvelle vie…en traîneau! Il faut gérer une adorable meute de chiens ainsi que la santé de l’héroïne. Le chemin est semé d’embûches mais aussi de belles choses. Si vous voulez y jeter un œil, il m’arrive d’y jouer sur ma chaîne Twitch: https://www.twitch.tv/zazadanslemetro le jeu est très beau et les chiens adorables.

3- Jardiner

Alors oui, je vous l’accorde, je n’ai pas de jardin, simplement un balcon. Mais il avait bien besoin d’être un peu réorganisé. J’ai pris un weekend pour trier les plantes mortes, m’occuper du compost, rentrer les plantes qui n’allaient pas tenir dehors. J’ai rempoté ce qui avait besoin de l’être, arrosé, planté. Si vous n’avez pas de matériel, vous pouvez vous procurer des gobelets en carton, de la terre (lors de votre km quotidien, un sac plastique, une cuillère à soupe et un coin isolé d’un parc, et c’est partie pour la jouer comme Joe Dalton). Pour les graines, toujours lors de ma balade quotidienne, j’ai aperçu de jolies ipomées sur une treille, et j’ai récupéré le contenu de leurs fruits, secs. Vous pouvez aussi essayer de bouturer tout ce qui passe et voir ce qui sort. J’ai eu du succès en bouturant une tige de menthe achetée au rayon frais des fruits et légumes. En quelques jours, les premières racines sont apparues. Ça a aussi marché avec du basilic. La patate douce laissée les fesses dans l’eau et les graines de citron oubliées dans un pot fonctionnent bien aussi. J’ai également réussi à faire germer un noyau de datte.

Pour profiter un peu plus de mon balcon, je pense que je vais suspendre une boule de graines, et voir ce qui arrive. J’ai déjà vu une mésange farfouiller dans mes pots à la recherche de son prochain repas, j’espère lui faciliter un peu la vie la prochaine fois!

4- S’alimenter

Cela peut sembler étrange mais je profite du confinement pour manger plus de fruits et légumes. J’achète des choses que je ne prendrais pas forcément en temps normal, et j’essaie de les accommoder. Note: le chou rave c’est très bon en pickles. J’ai aussi craqué et acheté des figues de barbaries. Gamine, dans le sud de la France, j’allais parfois en cueillir. On peut les manger juste pelées, en faire du jus, de la compote, de la glace…oh, et on peut bien sûr planter leurs graines, ça fait de chouettes cactus, les nopales, dont tout est comestible, fruits et raquettes.

5- Planifier

Comme je ne peux pas sortir, je profite de mon temps pour planifier un projet de bivouac au retour des beaux jours. Les contraintes que je me fixe sont de ne pas emmener trop de choses et de trouver quelque chose qui puisse être accessible sans voiture.

Comme à chaque fois que j’ai besoin d’informations, je vais faire un tour du côté de youtube.

  • Mélanie Peltier, une vidéo super motivante
  • Libre et sauvage, pour le calme et la beauté de ses vidéos. Mais aussi pour ses réfléxion sur la nature et la solitude.
  • Eloïse Barthe, qui me donne envie de me pousser à fond, même sans être une grande randonneuse. En plus, elle donne de bonnes idées de longues randos.
  • Blogtrotteuz, pour savoir comment bien se préparer et quel matériel emporter. Une mine d’or.
  • Radiocamino, il y a des choses sur lesquels mon point de vue diffère du sien, mais ça fait du bien de voir quelqu’un qui randonne en toute simplicité et montre bien qu’on n’a pas besoin du matériel dernier cri pour cela.

J’arrive à la fin de mon article, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos astuces lorsque l’extérieur vous manque.

Prenez soin de vous, plein de courage, plein de pensées.

A bientôt!

Weekend camping

Salut !

Ce week-end, j’ai eu envie de nature et d’évasion. J’ai donc décidé d’aller camper. Ça promettait pour moi d’être une petite aventure. Même si j’étais dans un camping confortable, je n’étais jamais partie seule avant. J’ai donc soigneusement fait mon sac (trois jours à l’avance, au cas où) et je suis partie. Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de glisser un carnet et des crayons entre la trousse de toilette et la laine polaire.

Le premier jour, après m’être tranquillement installée, j’ai décidé de randonner jusqu’au sommet du Monjallat. Après m’être renseignée, je comprends qu’il ne faut pas confondre le Mont Jalla sur lequel est située la Bastille de Grenoble et le Monjallat mentionné au-dessus. La ressemblance des deux noms vient de leur construction similaire : Mont et Jal. Jal est un dérivé de Gal, qui a donné le terme Gaulois. On tient à nos allobroges par ici ! La randonnée m’a pris trois heures en tout et pour tout, en comprenant la pause pour ramasser des framboises. J’étais tellement contente d’en trouver, je pense que mon exclamation s’est entendue jusque dans la vallée. Je voulais les redescendre pour le goûter, mais c’était trop tentant, elles n’ont pas tenu une demi-heure.

En montant, on s’aperçoit que le paysage est rythmé de grandes prairies pour le fourrage, et de grandes forêts de bois de chauffe. C’est surtout du sapin, qui donne d’ailleurs son nom de Sappey au village tout proche. En montant, je me pose en face de Chamechaude, et je réalise son portrait. On voit bien les strates géologiques et les marques laissées par le temps. Je me laisse toujours surprendre par le relief Alpin, si différent de ce que je connais dans les Pyrénées. Les montagnes ont la tête toute plate à force d’érosion. 

J’espère voir des animaux, mais je ne croise que quelques oiseaux et insectes. En revanche, j’en entend parfois courir autour de moi. Comme je suis seule, je fais peu de bruit et me concentre donc sur les bruits environnants. Craquements de branches, le bruit d’une petite bête qui fuit et d’une nettement plus grosse qui retourne le sol avec délectation. Comme souvent, je vois des plumes de geai au sol, mais jamais l’animal lui-même.

Alors que je rentre au camping, j’en profite pour prendre mon carnet et mes crayons et dresser le portrait d’une jolie caravane toute ronde. Elle a des airs de motte de beurre. J’esquisse aussi le panorama visible de ma tente. On voit bien les pistes de ski délaissées jusqu’à l’hiver prochain. 

En faisant le tour du camping, j’essaie de suivre un cours d’eau pour voir si je peux tremper les pieds, sans succès. Je verrai par contre trois gros rapaces qui tournent en rond, peut-être autour de leur repas du soir. 

Le lendemain, après avoir passé une petite nuit –je n’avais pas pris un duvet suffisamment chaud, à noter pour la prochaine fois- je pars pour l’Emeindras du dessus, à 1420m. C’est une randonnée agréable d’environ 4-5h. Je suis assez surprise car je ne suis pas exactement sportive, mais en marchant à mon rythme j’arrive au sommet dans les temps. Je traverse la forêt communale du Sappey en Chartreuse, ainsi qu’un bel alpage. Un petit panneau informe bien qu’il faut rester à 20m au moins des vaches en estive. A l’aller, je les vois, je les sens mais ne les croise pas. En montant, je surprends un lapin qui rentrait chez lui, ainsi que plusieurs insectes. Il y a une quantité de papillons incroyable ! 

L’Emeindras du dessus est couronné d’une petite étable, dans laquelle je peux entendre quelques vaches. Je prends mon repas juste à côté, et je tire le portrait de Chamechaude sous un angle différent. J’ai également pris en photo ce que je pense être la dent du chat (les conaisseureuses pourront corriger).

Un petit point sur le repas : je fais le plus minimaliste possible lorsque je campe. Je n’aime pas utiliser de réchaud non plus. En général, je mange toujours la même chose, à savoir : 

  • Des légumes qui se conservent bien sans frigo, ici un poivron et des tomates 
  • Des protéines, des lentilles pour moi. 
  • Un fruit en dessert, idéalement pas “fragile” donc une pomme 
  • Un petit paquet d’épices pour agrémenter le tout 
  • Du pain de route, complet avec des fruits secs, des noix, des amandes 
  • De l’eau, de l’eau ! 
  • Des fruits secs, et généralement un petit plaisir (du chocolat noir 80%) 

Pour redescendre, je décide de prendre un autre chemin, plus étroit et moins confortable qu’à l’aller. Cela me demande de combattre mon vertige (modéré). C’est un sous-bois et je prends en photo quelques fleurs. Il s’agit d’un lys martagon et d’une orchidée : l’orchis fuschii. J’en profite pour mettre aussi une photo de cette belle fleur violette que je n’ai pas su identifier, si vous avez une idée laissez un commentaire, je corrigerai.

Je traverse à nouveau l’alpage, et cette fois, je verrai de vaches, de beaucoup trop près à mon sens. Il y en a en effet une dizaine que je vois arriver sur le sentier en face de moi. Plutôt que de les croiser, je décide de les contourner en traversant par le pré. Il faut savoir que je connais mal les vaches et que j’en ai un peu peur. Au bout de quelques pas, je constate avec horreur qu’elles se dirigent dans ma direction. Je marche donc un peu plus vite et comprends ma bêtise lorsque je me retrouve dans l’eau jusqu’aux chevilles. Le troupeau m’a fixée avec un air de Jolly Jumper qui trouve un cow-boy dans son abreuvoir. J’ai fini par prendre mon courage à deux mains et réussir à leur tourner le dos pour partir. Une fois sortie de l’alpage, j’ai eu besoin d’une petite pause.  

Pour le côté pratique, il y avait un petit panneau au camping qui expliquait la conduite à suivre si vous ne pouvez pas respecter la distance de 20m entre vous et les vaches : 

  • Ne pas crier, courir ou faire de geste brusque 
  • Contourner le troupeau en répétant de la voix la plus basse possible “Olà, olà, je passe. Olà.” 
  • Ne pas cesser de parler tant que vous traversez le troupeau, toujours d’une voix calme et basse 
  • Ne pas regarder les vaches en face, comme un prédateur, mais plutôt de côté 

Je rajoute un truc appris aux côtés de mon grand-père paysan : si la vache fait “oui” avec la tête, c’est le moment de rebrousser chemin calmement. Elle ne veut pas que vous ailliez plus loin, il peut y avoir son veau dans les parages. 

Une fois rentrée au camping, je remballe mes affaires, galère pour replier ma tente, puis direction l’arrêt de bus pour repartir à Grenoble. Comme le bus est dans un moment, j’en profite pour prendre un sirop et une glace au bar. 

Voilà donc la fin de ma petite aventure solo. C’était assez calme mais je suis contente de l’avoir fait. Je note donc pour la prochaine fois de prendre un duvet plus chaud, moins de vêtements, un seul pantacourt+ t-shirt et ma robe pour traîner auraient suffi plutôt que de prendre un ensemble supplémentaire. 

Je retenterai clairement l’expérience. C’était très agréable de randonner à mon rythme. Avec mon carnet et un bon livre, je ne me suis pas ennuyée une seconde dans les moments d’attente. 

Merci de m’avoir lue et à bientôt pour de nouvelles aventures 😉