#Coronamaison

Bonjour, 

J’ai souhaité attendre une semaine avant de sortir ce dessin. Avec le recul, l’excitation que j’ai ressentie au début de l’annonce du confinement, la peur, la joie de ne pas aller au turbin, tout ça me semble un peu absurde maintenant. Je suis partagée entre le contentement d’avoir du temps pour mes loisirs, et la crainte de ne pas pouvoir sortir comme je le souhaiterais. Sans idéaliser une mesure sérieuse, prise pour la santé de tous, je souhaite continuer à faire de mon blog un lieu un peu plus léger, un petit refuge positif pour toustes. 🙂 

Il y a donc environ une semaine, Pénélope Bagieu lançait le tag #coronamaison. Tout à mon excitation de commencer, je n’ai pas vu qu’il fallait télécharger un template précis afin de dessiner par-dessus. C’est donc sans escalier, mais avec une grande baie vitrée, que je vous propose de découvrir mon intérieur idéal fictif. 

Je me rends compte, en créant cet intérieur que finalement, mon confinement ne diffère pas beaucoup de mon confinement idéal. Il manque probablement internet, le streaming, grâce auquel je retrouve chaque soir ma moitié après son télétravail, dans un semblant de normalité. Internet me permet aussi d’avoir des contacts avec mes amis ; comme beaucoup parmi vous, je suppose. Il manque aussi le côté campagnard, la vue sur la nature et la vie de la forêt qui se poursuit là où la nôtre s’arrête. De la fenêtre dans mon dos, je ne vois que l’autre immeuble. Les stores sont baissés, les étudiant.e.s en chambres CROUS ont quitté leur logement. Je leur souhaite d’avoir rejoint leurs familles, hors de la ville.  

Tous les soirs on se réunit, et on applaudit aux fenêtres. Ça résonne dans la rue vide. J’ai besoin de ça et de tous ces gens anonymes qui se réunissent et montrent de la solidarité. Il y a une ambiance de manif, on fait tous ça en même temps et ça veut dire quelque chose. Merci à vous ♥   

Ça ne fait que quatre jours, mais j’ai l’impression d’être un chat. On m’a dit de rester chez moi, je veux désespérément en sortir. Il fait si beau dehors. Avant, tous les jours, je marchais entre chez moi et mon travail. En tout trente minutes dans la journée. Et à chaque fois, je remarquais le temps, la cime des montagnes au-dessus des immeubles. C’était la routine, et elle me manque un peu à présent. 

J’essaie de voir du positif. J’étais déjà casanière avant. Je pouvais me le permettre. Je sortais de temps à autre me promener au parc où dans la montagne toute proche. Le confinement n’est pas une souffrance pour moi en cette première semaine, un gros début de vacances geek, en somme.  

J’ai lu quelque part que la romantisation du confinement était un privilège de classe. Quand on a tout le confort chez soi, la privation de liberté est moins dure. Pour certain.e.s, le chez-soi est juste l’endroit où on mange, où on dort à l’abri. Ce n’est en tout cas pas un rempart face à l’ennui. Pour profiter d’une chose, il faut avoir le choix. Il faut pouvoir faire ce choix sans y être contraint. Si vous vivez dans une villa à la campagne, vous pouvez faire le choix de sortir dans votre jardin. Ou de pousser les meubles pour créer un espace où faire de l’exercice. En ville, pour la majorité, ce choix n’existe pas. Il y a plus de pauvres que de riches, c’est le principe, c’est pyramidal. Les fenêtres ouvrent sur d’autres murs.  

Lecteurices de ce blog, je souhaite vous proposer quelque chose. Si vous lisez cet article, envoyez-moi à quoi ressemble votre quotidien aujourd’hui. Ecrivez à quoi ressemble votre chez-vous, vos distractions, comment faire pour ne pas perdre la boule. Je choisirai quelques témoignages afin de les mettre en dessins, avec un texte dessus. Vous pouvez me contacter ici ou sur instagram. Sur facebook ou discord pour celleux qui l’ont.  

Dans l’attente de vous lire, 

Faites attention à vous.