1h,1k, le confinement autour de chez moi

Sortir. Faire quelques pas. Dresser le constat de ce qui se passe. L’herbe qui pousse entre les trottoirs. Là, quelqu’un a oublié un noyau de datte qui évolue en palmier, tout contre la chaussée. Le noyau a pu tomber de l’un des appartements proches. Ou bien a-t-il été craché par quelqu’un qui attendait à l’arrêt de bus. Toujours est-il qu’aujourd’hui, une longue feuille effilée émerge, entre béton et goudron. J’espère qu’elle passera l’hiver.

La marche a toujours été importante pour moi. J’essaie de sortir régulièrement, marcher en ville la semaine, marcher en forêt le week-end. Aller au travail en marchant, rendre visite à mes amis en marchant. Si le trajet prend moins d’une heure, ce seront mes pieds qui m’y porteront. Cette marche a élimé mes chaussures, en pente vers le centre de mon corps. Témoin bizarre de la répartition de mon poids vers une ligne médiane qui passe du haut de ma tête à la plante de mes pieds, en passant par mon nombril. Elle descend le long de ma colonne et me permet de rester debout.

Le confinement a rendu cette marche restreinte. En une heure, je peux marcher entre quatre et cinq kilomètres à plat. Autant dire que le kilomètre de sortie quotidien est vite avalé. Je coche la dernière case de l’attestation, noue mes lacets. Le temps d’ouvrir et refermer la porte.

Entre deux immeubles, je découvre des panneaux solaires, tout perchés qu’ils sont sur leurs longues jambes de marabouts. Ils guettent à travers les feuilles. Je me demande quelle est leur utilité première.

A côté d’un semblant de parc de jeux, quelques dés gigantesques ont été oubliés. Le béton s’est érodé. Ils ont trop traîné dans une trop grande poche et se sont heurtés entre eux.

En une heure et un kilomètre, j’arpente les recoins de mon territoire dans lesquels je ne vais jamais. Je cherche, j’inspecte, je peux me laisser surprendre par ce qui est familier.

Vivement la fin quand même.

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