Voilà quinze jours maintenant que l’on ne peut plus sortir. Le virus à couronne fait des ravages et on se confine chez soi, tant bien que mal. Après le premier confinement, j’ai ressenti le besoin de sortir, de « m’enforester », de sortir de la ville et de gagner la montagne. Si comme moi, le dehors vous manque, que vous n’avez qu’une envie: chausser vos godillots, prendre votre sac et vous perdre pour ne plus jamais revenir, je vous propose quelques alternatives, un peu moins radicales.
1- Profiter de son kilomètre
Balade du sentier de la pissarde…il y a de cela une éternité!
La troisième case de l’attestation vous le dira, une heure, un kilomètre par jour. Hors, en une heure, l’être humain marche en moyenne sur 4km. Vous avez donc la possibilité de faire une marche de 4kms autour de chez vous. Mappy propose un outil pour visualiser la zone à ne pas dépasser autour de chez vous. Avec un peu de chance, il y aura un parc où deux à l’intérieur.
Je vous conseille aussi de sortir avec votre téléphone ou votre appareil photo en main. Cela m’a permis de faire quelques clichés originaux d’une zone que je pensais pourtant bien connaître, et ainsi vous fournir un article. Vous pouvez aussi faire comme l’autrice de mycologie66 et vous lever tôt pour tenter d’apercevoir des voisins insoupçonnés, des champignons, et petits animaux qui peuplent les villes.
Je ne peux que vous inviter à télécharger des applications d’identifications de plantes quand vous marchez autour de chez vous. Prêtez attention à la végétation et ses changements, nous sommes en automne, ces derniers sont nombreux! J’aime identifier les espèces qui m’entourent lorsque je me balade, et cela s’applique aussi aux parcs en ville.
Un papillon un peu collant
2- Lire, s’instruire
La lecture constitue un bon moyen de s’évader. J’ai fait une sélection de livres de confinement, que je lis actuellement. J’ai privilégié les récits de voyages.
Wild, de Cheryl Strayed
De sève et de sang, de Julia Hill
Sur la piste animale, Stéphane Morizot
Croire aux fauves, Natassja Martin
J’ai réveillé le tigre!, de Sarah Marquis
J’écoute aussi des podcasts et regarde des émissions en rapport avec la nature. Sélection:
Je joue aussi pas mal à des jeux vidéos qui « font voyager ». Ma dernière découverte en la matière est « The red lantern », un jeu à la première personne sur une jeune femme qui rejoint sa nouvelle vie…en traîneau! Il faut gérer une adorable meute de chiens ainsi que la santé de l’héroïne. Le chemin est semé d’embûches mais aussi de belles choses. Si vous voulez y jeter un œil, il m’arrive d’y jouer sur ma chaîne Twitch: https://www.twitch.tv/zazadanslemetro le jeu est très beau et les chiens adorables.
3- Jardiner
Alors oui, je vous l’accorde, je n’ai pas de jardin, simplement un balcon. Mais il avait bien besoin d’être un peu réorganisé. J’ai pris un weekend pour trier les plantes mortes, m’occuper du compost, rentrer les plantes qui n’allaient pas tenir dehors. J’ai rempoté ce qui avait besoin de l’être, arrosé, planté. Si vous n’avez pas de matériel, vous pouvez vous procurer des gobelets en carton, de la terre (lors de votre km quotidien, un sac plastique, une cuillère à soupe et un coin isolé d’un parc, et c’est partie pour la jouer comme Joe Dalton). Pour les graines, toujours lors de ma balade quotidienne, j’ai aperçu de jolies ipomées sur une treille, et j’ai récupéré le contenu de leurs fruits, secs. Vous pouvez aussi essayer de bouturer tout ce qui passe et voir ce qui sort. J’ai eu du succès en bouturant une tige de menthe achetée au rayon frais des fruits et légumes. En quelques jours, les premières racines sont apparues. Ça a aussi marché avec du basilic. La patate douce laissée les fesses dans l’eau et les graines de citron oubliées dans un pot fonctionnent bien aussi. J’ai également réussi à faire germer un noyau de datte.
Pour profiter un peu plus de mon balcon, je pense que je vais suspendre une boule de graines, et voir ce qui arrive. J’ai déjà vu une mésange farfouiller dans mes pots à la recherche de son prochain repas, j’espère lui faciliter un peu la vie la prochaine fois!
4- S’alimenter
Cela peut sembler étrange mais je profite du confinement pour manger plus de fruits et légumes. J’achète des choses que je ne prendrais pas forcément en temps normal, et j’essaie de les accommoder. Note: le chou rave c’est très bon en pickles. J’ai aussi craqué et acheté des figues de barbaries. Gamine, dans le sud de la France, j’allais parfois en cueillir. On peut les manger juste pelées, en faire du jus, de la compote, de la glace…oh, et on peut bien sûr planter leurs graines, ça fait de chouettes cactus, les nopales, dont tout est comestible, fruits et raquettes.
5- Planifier
Comme je ne peux pas sortir, je profite de mon temps pour planifier un projet de bivouac au retour des beaux jours. Les contraintes que je me fixe sont de ne pas emmener trop de choses et de trouver quelque chose qui puisse être accessible sans voiture.
Comme à chaque fois que j’ai besoin d’informations, je vais faire un tour du côté de youtube.
Libre et sauvage, pour le calme et la beauté de ses vidéos. Mais aussi pour ses réfléxion sur la nature et la solitude.
Eloïse Barthe, qui me donne envie de me pousser à fond, même sans être une grande randonneuse. En plus, elle donne de bonnes idées de longues randos.
Blogtrotteuz, pour savoir comment bien se préparer et quel matériel emporter. Une mine d’or.
Radiocamino, il y a des choses sur lesquels mon point de vue diffère du sien, mais ça fait du bien de voir quelqu’un qui randonne en toute simplicité et montre bien qu’on n’a pas besoin du matériel dernier cri pour cela.
J’arrive à la fin de mon article, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos astuces lorsque l’extérieur vous manque.
Prenez soin de vous, plein de courage, plein de pensées.
Sortir. Faire quelques pas. Dresser le constat de ce qui se passe. L’herbe qui pousse entre les trottoirs. Là, quelqu’un a oublié un noyau de datte qui évolue en palmier, tout contre la chaussée. Le noyau a pu tomber de l’un des appartements proches. Ou bien a-t-il été craché par quelqu’un qui attendait à l’arrêt de bus. Toujours est-il qu’aujourd’hui, une longue feuille effilée émerge, entre béton et goudron. J’espère qu’elle passera l’hiver.
La marche a toujours été importante pour moi. J’essaie de sortir régulièrement, marcher en ville la semaine, marcher en forêt le week-end. Aller au travail en marchant, rendre visite à mes amis en marchant. Si le trajet prend moins d’une heure, ce seront mes pieds qui m’y porteront. Cette marche a élimé mes chaussures, en pente vers le centre de mon corps. Témoin bizarre de la répartition de mon poids vers une ligne médiane qui passe du haut de ma tête à la plante de mes pieds, en passant par mon nombril. Elle descend le long de ma colonne et me permet de rester debout.
Le confinement a rendu cette marche restreinte. En une heure, je peux marcher entre quatre et cinq kilomètres à plat. Autant dire que le kilomètre de sortie quotidien est vite avalé. Je coche la dernière case de l’attestation, noue mes lacets. Le temps d’ouvrir et refermer la porte.
Entre deux immeubles, je découvre des panneaux solaires, tout perchés qu’ils sont sur leurs longues jambes de marabouts. Ils guettent à travers les feuilles. Je me demande quelle est leur utilité première.
A côté d’un semblant de parc de jeux, quelques dés gigantesques ont été oubliés. Le béton s’est érodé. Ils ont trop traîné dans une trop grande poche et se sont heurtés entre eux.
En une heure et un kilomètre, j’arpente les recoins de mon territoire dans lesquels je ne vais jamais. Je cherche, j’inspecte, je peux me laisser surprendre par ce qui est familier.
Ce week-end, j’ai eu envie de nature et d’évasion. J’ai donc décidé d’aller camper. Ça promettait pour moi d’être une petite aventure. Même si j’étais dans un camping confortable, je n’étais jamais partie seule avant. J’ai donc soigneusement fait mon sac (trois jours à l’avance, au cas où) et je suis partie. Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de glisser un carnet et des crayons entre la trousse de toilette et la laine polaire.
Le premier jour, après m’être tranquillement installée, j’ai décidé de randonner jusqu’au sommet du Monjallat. Après m’être renseignée, je comprends qu’il ne faut pas confondre le Mont Jalla sur lequel est située la Bastille de Grenoble et le Monjallat mentionné au-dessus. La ressemblance des deux noms vient de leur construction similaire : Mont et Jal. Jal est un dérivé de Gal, qui a donné le terme Gaulois. On tient à nos allobroges par ici ! La randonnée m’a pris trois heures en tout et pour tout, en comprenant la pause pour ramasser des framboises. J’étais tellement contente d’en trouver, je pense que mon exclamation s’est entendue jusque dans la vallée. Je voulais les redescendre pour le goûter, mais c’était trop tentant, elles n’ont pas tenu une demi-heure.
En montant, on s’aperçoit que le paysage est rythmé de grandes prairies pour le fourrage, et de grandes forêts de bois de chauffe. C’est surtout du sapin, qui donne d’ailleurs son nom de Sappey au village tout proche. En montant, je me pose en face de Chamechaude, et je réalise son portrait. On voit bien les strates géologiques et les marques laissées par le temps. Je me laisse toujours surprendre par le relief Alpin, si différent de ce que je connais dans les Pyrénées. Les montagnes ont la tête toute plate à force d’érosion.
J’espère voir des animaux, mais je ne croise que quelques oiseaux et insectes. En revanche, j’en entend parfois courir autour de moi. Comme je suis seule, je fais peu de bruit et me concentre donc sur les bruits environnants. Craquements de branches, le bruit d’une petite bête qui fuit et d’une nettement plus grosse qui retourne le sol avec délectation. Comme souvent, je vois des plumes de geai au sol, mais jamais l’animal lui-même.
Alors que je rentre au camping, j’en profite pour prendre mon carnet et mes crayons et dresser le portrait d’une jolie caravane toute ronde. Elle a des airs de motte de beurre. J’esquisse aussi le panorama visible de ma tente. On voit bien les pistes de ski délaissées jusqu’à l’hiver prochain.
En faisant le tour du camping, j’essaie de suivre un cours d’eau pour voir si je peux tremper les pieds, sans succès. Je verrai par contre trois gros rapaces qui tournent en rond, peut-être autour de leur repas du soir.
Le lendemain, après avoir passé une petite nuit –je n’avais pas pris un duvet suffisamment chaud, à noter pour la prochaine fois- je pars pour l’Emeindras du dessus, à 1420m. C’est une randonnée agréable d’environ 4-5h. Je suis assez surprise car je ne suis pas exactement sportive, mais en marchant à mon rythme j’arrive au sommet dans les temps. Je traverse la forêt communale du Sappey en Chartreuse, ainsi qu’un bel alpage. Un petit panneau informe bien qu’il faut rester à 20m au moins des vaches en estive. A l’aller, je les vois, je les sens mais ne les croise pas. En montant, je surprends un lapin qui rentrait chez lui, ainsi que plusieurs insectes. Il y a une quantité de papillons incroyable !
L’Emeindras du dessus est couronné d’une petite étable, dans laquelle je peux entendre quelques vaches. Je prends mon repas juste à côté, et je tire le portrait de Chamechaude sous un angle différent. J’ai également pris en photo ce que je pense être la dent du chat (les conaisseureuses pourront corriger).
Un petit point sur le repas : je fais le plus minimaliste possible lorsque je campe. Je n’aime pas utiliser de réchaud non plus. En général, je mange toujours la même chose, à savoir :
Des légumes qui se conservent bien sans frigo, ici un poivron et des tomates
Des protéines, des lentilles pour moi.
Un fruit en dessert, idéalement pas “fragile” donc une pomme
Un petit paquet d’épices pour agrémenter le tout
Du pain de route, complet avec des fruits secs, des noix, des amandes
De l’eau, de l’eau !
Des fruits secs, et généralement un petit plaisir (du chocolat noir 80%)
Pour redescendre, je décide de prendre un autre chemin, plus étroit et moins confortable qu’à l’aller. Cela me demande de combattre mon vertige (modéré). C’est un sous-bois et je prends en photo quelques fleurs. Il s’agit d’un lys martagon et d’une orchidée : l’orchis fuschii. J’en profite pour mettre aussi une photo de cette belle fleur violette que je n’ai pas su identifier, si vous avez une idée laissez un commentaire, je corrigerai.
Je traverse à nouveau l’alpage, et cette fois, je verrai de vaches, de beaucoup trop près à mon sens. Il y en a en effet une dizaine que je vois arriver sur le sentier en face de moi. Plutôt que de les croiser, je décide de les contourner en traversant par le pré. Il faut savoir que je connais mal les vaches et que j’en ai un peu peur. Au bout de quelques pas, je constate avec horreur qu’elles se dirigent dans ma direction. Je marche donc un peu plus vite et comprends ma bêtise lorsque je me retrouve dans l’eau jusqu’aux chevilles. Le troupeau m’a fixée avec un air de Jolly Jumper qui trouve un cow-boy dans son abreuvoir. J’ai fini par prendre mon courage à deux mains et réussir à leur tourner le dos pour partir. Une fois sortie de l’alpage, j’ai eu besoin d’une petite pause.
Pour le côté pratique, il y avait un petit panneau au camping qui expliquait la conduite à suivre si vous ne pouvez pas respecter la distance de 20m entre vous et les vaches :
Ne pas crier, courir ou faire de geste brusque
Contourner le troupeau en répétant de la voix la plus basse possible “Olà, olà, je passe. Olà.”
Ne pas cesser de parler tant que vous traversez le troupeau, toujours d’une voix calme et basse
Ne pas regarder les vaches en face, comme un prédateur, mais plutôt de côté
Je rajoute un truc appris aux côtés de mon grand-père paysan : si la vache fait “oui” avec la tête, c’est le moment de rebrousser chemin calmement. Elle ne veut pas que vous ailliez plus loin, il peut y avoir son veau dans les parages.
Une fois rentrée au camping, je remballe mes affaires, galère pour replier ma tente, puis direction l’arrêt de bus pour repartir à Grenoble. Comme le bus est dans un moment, j’en profite pour prendre un sirop et une glace au bar.
Voilà donc la fin de ma petite aventure solo. C’était assez calme mais je suis contente de l’avoir fait. Je note donc pour la prochaine fois de prendre un duvet plus chaud, moins de vêtements, un seul pantacourt+ t-shirt et ma robe pour traîner auraient suffi plutôt que de prendre un ensemble supplémentaire.
Je retenterai clairement l’expérience. C’était très agréable de randonner à mon rythme. Avec mon carnet et un bon livre, je ne me suis pas ennuyée une seconde dans les moments d’attente.
Merci de m’avoir lue et à bientôt pour de nouvelles aventures 😉
Voici quelques temps que je voulais vous faire un point lecture. Alors quoi de mieux que la fin de la première moitié de 2020 ? (Ne riez pas j’essaie de masquer le fait que l’article était prévu pour janvier). Donc, je me suis enfin décidée à le publier. Je note une tendance générale à travers mes lectures à aller vers les univers assez fournis avec beaucoup de personnages, avec une préférence pour les contes. J’aime autant être dépaysée lorsque je lis, qu’avoir l’impression que je prends un thé à côté d’un feu avec de vieux amis. Ces lectures m’ont marquée car elles ont constitué mon imaginaire. J’aime les détails, les descriptions minutieuses autant à l’écrit qu’en dessin. J’ai d’ailleurs passé du temps à étudier le style graphique de certaines de ces œuvres, pour l’incorporer au mien. Vous verrez que je n’ai pas fait de hiérarchie : roman, comics, mangas, classiques ou pas, tous ont un sens et une place. Je me demande, dans vingt ans, à quoi ressemblera ma liste si j’en refais une. Et si j’ai toujours ce blog, j’en referai une 😉
Années 90-2000
Il s’agit des années de mes premières lectures. J’ai dû savoir lire vers 1997. Je lisais au départ des choses très “calibrées” pour mon âge, beaucoup de bandes dessinées, de documentaires jeunesse et de livres type “Disney”. Néanmoins, voici les livres qui m’ont marquée au point que je les retienne jusqu’à l’âge adulte.
Lola campagnol
Offert par ma marraine, et relu des centaines de fois. Je m’étonne qu’il ne soit pas tant usé que cela. Le livre alterne des passages de roman, de bande dessinée, avec toujours l’appui des images. Je me souviens que le début parle de “l’histoire de la famille campagnol”. La fin me fascinait : il s’agissait d’une série d’expressions communes, toutes illustrées dans leur sens littéral : “ronger son frein”, “tirer le diable par la queue”, “on se reverra si les cochons ne nous mangent pas”.
Les poèmes de Prévert
Emprunté à la bibliothèque de l’école primaire, la BCD à l’époque. J’avais dû apprendre une poésie de Jacques Prévert (à l’enterrement d’une feuille morte, deux escargots s’en vont…) et du coup, comme ça m’avait plu, j’avais emprunté un recueil pour enfants, très illustré, avec une couverture verte. Je crois qu’il y avait un poème avec une vache qui m’avait fait peur à l’époque.
Les lettres de mon moulin
Lu parce que je devais écrire un texte sur un grand repas. Mon père m’avait proposé de lire l’extrait sur le curé de Cucugnan, et finalement, j’avais tout lu. J’avais beaucoup aimé les descriptions de la garrigue à l’époque, parce que j’avais l’impression que ça parlait simplement des paysages que j’avais l’habitude de voir.
Les voyages de Sinbad le marin
Offert par ma grand-mère, qui devait en avoir marre de me raconter sans cesse les mêmes contes sur Sinbad. Ça a été mon premier contact avec le passé simple aussi. A la réflexion, le livre était peut-être un peu dur pour mon âge, mais je l’ai quand même lu, en m’y reprenant à plusieurs fois et me concentrant très fort. Il y a quelques scènes qui m’ont franchement terrifiée à l’époque, quand Sinbad est enterré vivant ou lorsque son équipage est dévoré par les anthropophages.
Années 2000-2005
Bone
J’étais inscrite à la médiathèque ! On y allait en général le mercredi après-midi, on s’y installait avec des livres et il était très, très dur de nous en déloger. Je ne sais plus comment c’est arrivé mais c’est mon père qui a d’abord emprunté ces livres. Je les ai lus en étant complètement dedans. Quinze ans plus tard, je les ai retrouvés à une vente de livres de bibliothèque. J’ai sauté sur l’occasion. Une superbe affaire!
Les chants de Pyrène
Une très belle découverte, achetée à la librairie catalane de mon oncle. Il s’agit d’une succession de petits contes, découverts au grès de leur voyage par deux randonneurs qui entreprennent de traverser les Pyrénées en longueur, autour de 1900. Il me semble que c’est inspiré d’une histoire vraie. C’était une bande dessinée dont j’appréciais beaucoup le dessin à l’encre.
Willow
Mon premier roman de fantasy, qui a lancé ma passion pour le genre. Pour moi, ce livre avait tout ; la quête initiatique, des personnages que je trouvais intéressants, des personnages féminins vraiment importants pour l’histoire, et le charismatique Madmartigan. En plus, le fil qui en découlait était un délice de kitch et de fantasy à la sauce 90’s. Un régal, 10/10 je vous dis.
Le retour du Roi
Donc, dans la suite logique, j’ai lu le seigneur des anneaux. Mais le livre qui m’a le plus marquée sur la trilogie était sans conteste le Retour du Roi. Je me souviens très bien des sentiments de dépaysement qui m’ont accompagnée tout au long de sa lecture, de la vraie chair de poule tellement la scène des négociations avec l’armée des morts est tendue. Des chants qui m’ont aussi beaucoup marquée. Aujourd’hui j’aurais tendance à préférer le premier opus, avec ses scènes calmes de la petite vie des hobbits, juste avant la tempête.
Années 2005-2010
Les cages de Beltem
Un roman de Julia Verlanger/Gilles Thomas. Au départ, j’avais choisi un titre de Lovecraft, mais en réfléchissant bien, cette dame a bien plus contribué à mon imaginaire personnel. Les grands anciens ça va bien un temps, mais je me souviens qu’après sa lecture, les loubres avaient remplacé les grands anciens comme thématique récurrente de mes dessins. C’est un roman de fantasy assez progressiste, avec un fond de lutte des classes.
Les mémoires d’Elisabeth Frankenstein
Il s’agit d’un roman qui m’a faite grandir. Vraiment. C’est une biographie fictive de la compagne du Dr. Frankenstein. A l’époque il m’avait fait l’effet d’une grande fresque passionnée de tout ce qui me fascinait à l’époque : fantastique, sorcellerie, horreur, années 1800, les balbutiements d’une science expérimentale un peu dérangeante, le tout teinté de roman d’aventure et de féminisme. C’était une très belle épopée à mon sens. Je serais curieuse de la relire avec mes connaissances et ma sensibilité actuelle.
Le Guépard
Un livre étudié au lycée et qui a pleinement sa place ici. L’histoire reprend la vie d’une famille de nobles italiens sur le déclin. Les descriptions sont superbes et marquantes –les roses fanées à l’odeur de décomposition- Moi qui ne connaît pas bien l’histoire de ce pays, j’ai très bien pu suivre le roman grâce aux repères laissés par l’auteur. C’est de ce roman qu’est notamment issue la citation « Si nous ne nous mêlons pas de cette affaire, ils vont nous fabriquer une république. Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que nous changions tout. », que Tancredi balance d’un air désinvolte à son oncle à la veille d’une révolution.
Les Catilinaires
Un roman d’Amélie Nothomb qui a été parmi mes autrices préférées de mon adolescence. Elle est assez facile à lire, ses livres sont tout petits, supers pour les trajets en bus. Les Catilinaires m’a apporté beaucoup de positif dans une période où j’en avais besoin. Même si l’histoire est assez dramatique, elle m’a touchée à ce moment-là. C’est un beau conte sur l’amour, le bonheur et l’importance des petites choses. Cela peut sembler assez niais, mais si vous avez une mauvaise passe, je vous le conseille.
Années 2010-2020
Carmilla
Un classique. Acheté sur une aire d’autoroute dans un recueil douteux de nouvelles sur les femmes vampires. L’esthétique du livre copiait celle de la série de Charlanne Harris, True Blood. Mais lorsque j’ai vu qu’il contenait Carmilla, que je voulais lire depuis très longtemps, je l’ai aussitôt passé en caisse, au milieu des biscuits. Il mérite vraiment sa réputation d’excellent livre sur le vampirisme.
La triste histoire des frères Grosbart
Un livre conseillé dans la salle 101, une émission radio science-fictionnesque de fréquence Paris plurielle. Leurs suggestions sont plutôt intéressantes en général, et ce livre le démontre. C’est un roman contemporain qui reprend le récit d’aventure comme il aurait pu être fait au seizième siècle -il me semble, corrigez-moi si je me trompe-. C’est à la fois humoristique et assez violent, je le déconseille si vous êtes sensibles. On y trouve des références historiques, et si vous connaissez un peu les bestiaires anciens vous allez vous régaler. J’y ai retrouvé cette impression de synthétiser l’imaginaire d’une époque, que j’avais déjà éprouvée avec Les mémoires d’Elizabeth Frankenstein. Je ne saurais pas dire pourquoi mais c’est quelque chose que j’apprécie dans un récit.
Manabeshima
Un registre tout différent pour ce livre. Il s’agit d’un récit de voyage, par Florent Chavouet, qui s’est installé sur Manabeshima, l’une des îles les moins peuplées du Japon. Son trait m’a beaucoup marquée, je l’ai trouvé très “juste”. Il ne travaille qu’au crayon de couleur et reproduit minutieusement des intérieurs, des décors, des scènes. On se perd à chaque page à tout détailler. Cette bande dessinée est la définition du feel good pour moi. Je l’ai lue en bibliothèque, mais ça m’a tellement marquée que j’y repense souvent, je pense me l’offrir, ainsi que Tokyo Sanpo, l’autre carnet de voyage de ce monsieur.
Watership Down
La lecture de Watership Down coïncide peu ou prou avec le début de mon végétarisme. Je ne dirais pas que c’est ce qui l’a motivé, loin de là, j’avais déjà entamé la démarche un tout petit peu avant. Mais il prend tout son sens pour moi à ce moment-là. C’est un récit d’aventure narré du point de vue des lapins qui la vivent. Tout est grand, les choses construites par les hommes sont incompréhensibles et effrayantes. Le moindre cours d’eau est une épreuve à traverser. L’auteur a déclaré avoir été inspiré par un documentaire sur la vie des lapins, et je veux bien le croire tant c’est réaliste et bien informé. Il y a tout de même des éléments fantastiques, comme une mythologie et un langage qui donne au tout une note intéressante. Bien que le sujet soit désuet en apparence, ce n’est pas un livre à mettre entre toutes les mains, en témoignent les nombreuses scènes issues du dessin animé qu’on trouve sur YouTube.
Château l’attente
Lorsque je choisis ce que je vais lire, un des facteurs déterminants est la couverture. Surtout s’il s’agit d’une bande dessinée où le style artistique porte une bonne partie de l’histoire. J’ai été immédiatement attirée par l’illustration de couverture du premier tome, qui de mémoire représentait la cour du château, vue en contre-plongée avec tous les petits personnages qui y vivent. Elle représente bien l’ambiance du livre où l’on suit leur progression au fil des pages, à la fois dans le présent et leur passé, avant leur arrivée au château. Là aussi, lecture feel good avec un trait simple et efficace. L’autrice développe vraiment bien les personnages. Il y a trois tomes sortis en France et j’attends impatiemment de voir si elle va se lancer sur autre chose !
Dehors les chiens
Un titre post-apo, écrit par nulle autre que Maïa Mazaurette. Le livre a été inspiré par la phrase biblique « Dehors les chiens, les drogueurs, les prostitueurs, les meurtriers, les idolâtres. Moi, Jésus, je suis l’étoile resplendissante du matin.». Tout un programme. L’ambiance a les doux relents de malepierre d’une campagne de Warhammer. Dans un monde plongé dans la nuit éternelle, un groupe d’adolescents endoctrinés cherchent la fameuse étoile du matin, pour faire revenir le soleil. J’ai aimé le traitement et l’évolution des personnages. C’est du post-apocalyptique-renaissance, entre les grands ors royaux et les vieux bâtiments en béton aux structures délabrées. Encore un conseil de la salle 101. Encore un livre qui ne m’a absolument pas déçue. Merci les Abdaloff.
Le vent dans les saules
Je n’avais jamais lu ce classique littérature jeunesse avant mes 26 ans. Très connu outre-manche, je n’en ai pas tant entendu parler que ça. Mais il y est si souvent fait référence dans la culture populaire que le titre a éveillé ma curiosité. Certains de mes illustrateurs préférés dont David Petersen, Omar Rayyan, Natee Himappaan et Arthur Rackham en ont d’ailleurs illustré des passages. C’est beau et si vous avez un peu de temps devant vous je recommande d’aller jeter un œil à leur travail. Sinon, il s’agit d’une petite histoire que j’ai trouvée très “anglaise”, avec du thé des sandwiches et des animaux gentlemen.
Barakamon
On termine avec une série de mangas que j’ai achevée au tout début de l’année. Après avoir agressé un directeur de galerie, un jeune maître de calligraphie décide de s’installer dans un petit village sur une île. D’un naturel taciturne, il est vite intégré à la vie de la petite communauté de l’île. Il a été adapté en anime, mais le format vidéo impose de traiter moins de points de l’histoire que le format papier. Au fil du récit je me suis attachée aux personnages. Moi qui rêve de visiter un jour les endroits reculés du Japon, ça a réveillé mon envie de m’évader. C’est tout à fait le genre de mangas que je lis ces temps-ci; plutôt du slice of life calme et un peu humoristique.
Voilà, j’espère que j’ai éveillé votre curiosité avec ces livres. Les avez-vous lus ? Lesquels ? Quels sont vos livres préférés, ceux qui vous ont construit.e.s marqué.e.s? J’aimerais beaucoup échanger avec vous en commentaire à ce sujet.
Récemment, ma pratique du jeu vidéo s’est légèrement modifiée, et j’aurais aimé t’en parler. Elle s’est orientée de gros RPGs avec beaucoup d’histoire (The Witcher, les jeux Bethesda et Rockstar par exemple) à des jeux plus calmes. Je me suis posé la question de ce que ce type de jeux avait à m’apporter par rapport aux précédents, pourquoi j’allais désormais plus volontiers vers un Stardew Valley par exemple. Je vais d’abord essayer de tracer les contours de ces jeux et citer quelques exemples. Ensuite, j’essaierai d’expliquer ce changement, qui correspond peut-être de ma part à un changement de réflexion autour du jeu.
Quels jeux en particulier & définition?
La première chose qui m’est venue à l’esprit pour définir ces jeux est qu’ils sont virtuellement « infinis ». Il n’y a pas vraiment de quête principale à terminer comme dans Skyrim par exemple. On peut décider de la fin: pour le cas de Stardew Valley, ce peut être au bout de la troisième année dans le jeu. Ou a partir du moment où on a agrandi sa ferme au maximum. Ou qu’on est à 10 cœurs de relation avec tout le monde. Or il y aura toujours la possibilité d’avancer dans le jeu, de changer complètement la disposition de sa ferme, d’inviter des amis, de continuer à gérer ses récoltes même après la « fin » supposée du jeu.
Ensuite, ces jeux répondent à mon amour des collections d’objets. Dans Animal Crossing (je vais surtout parler de Wild World car c’est celui que j’ai et auquel je joue), il y a la mécanique du Musée, mais aussi du catalogue qui pousse à attraper chaque insecte, fossile, poisson, chercher et collectionner chaque meuble (je suis d’ailleurs en recherche de la jardinière à Pikmins). Comme le jeu est en temps réel, les saisons passent au même rythme que celles de la vraie vie, et cela peut donc prendre du temps de compléter toutes les collections.
Enfin, ces jeux sont plutôt calmes. Il n’y a pas un enjeu énorme. Dans ACWW, il n’y a absolument aucune notion de perdre ou gagner (hormis dans certains évènements comme les concours, mais on peut ne pas y participer). L’un des meilleurs exemples est Electroplankton, sorti en 2005 sur la DS. Il proposait de créer une musique en agençant des microorganismes de façons différentes. Bon, je dois quand même vous avouer que c’est plus une expérience qu’un jeu en soi.
Tableau comparatif:
rejouabilité
collections
calme
Animal Crossing
♥♥♥
♥♥♥
♥♥♥
Electroplankton
♥♥♥
♥
♥♥♥
GrowCube
♥♥
♥♥♥
♥♥♥
Les Sims
♥♥♥
♥
♥
Stardew Valley
♥♥♥
♥♥♥
♥♥
Lorsque je me demande pourquoi ce changement, je réalise qu’il vient peut-être d’un changement de mode de vie et de pensée de ma part. Quand j’étais étudiante, non seulement j’avais beaucoup de temps pour moi, mais j’avais aussi besoin de me vider l’esprit et de me lancer à fond dans quelque chose. J’étais très impliquée dans les rpgs. C’était plus accessible pour moi que me plonger dans un dessin ou de jouer à un petit jeu tranquille. Ça n’est pas un jugement de valeur. Chacun de ces jeux est un trésor d’histoire, de choix moraux importants minutieusement mis au point. Je ne sous-entends pas non plus que j’ai grandi ou gagné en maturité et que c’est pour ça que j’ai changé de façon de jouer (d’ailleurs j’ai l’impression que stardew ou AC sont prévus pour des publics plus jeunes que The Witcher par exemple) Aujourd’hui, je suis moins stressée et je peux me libérer de l’espace mental pour des activités qui me demandent plus d’implication créative, et surtout, de laisser d’avantage mon esprit vagabonder. Chose que je ne faisais pas par le passé, de peur de tomber sur une angoisse de partiel sauvage ou un stress d’exposé au détour d’un neuronne. Par ailleurs, je préfère découper mon temps restant entre toutes mes passions que ne me focaliser sur une seule.
Maintenant, j’aimerais bien connaître votre expérience sur le sujet et ce que vous en pensez. Si vous avez des recommandations de publications à lire, de conférences à écouter sur le sujet, n’hésitez pas.
A bientôt et bon courage pour cette fin de confinement 🙂