Ce week-end, je vous propose une récolte de printemps fructueuse, et un podcast sur l’antiquité qui m’a marquée et m’a donné à réfléchir. Enfin, parce que l’arrivée du printemps n’est jamais complète sans bestioles, pour la fin de l’article, il y aura un visiteur impromptu.
D’abord, ma récolte, réalisée autour de chez moi, pour profiter du beau temps. Je suis partie en forêt et bord de champ avec simplement un petit cabas en toile, et, en deux heures de promenade, j’ai récolté de quoi préparer une petite omelette de légumes et de plantes sauvages pour ma semaine de travail.

Il s’agit, du haut vers le bas et de gauche à droite:
- Des poireaux des vignes, ou poireaux sauvages. Ils sont plus sucrés que leurs homologues cultivés, et ont bien plus de goût. Je n’ai pas mangé la base, qui est plus dure. En revanche je les ai enterrées dans mes pots de fleurs. Voyons si ça pousse. En-dessous, dans le petit couvercle, il s’agit de leurs rhizomes. J’en ai ré-enterré sur place une moitié, le reste est dans mes jardinières.
- De l’ail des ours. A ne pas confondre avec le muguet, il est très abondant en cette saison, particulièrement en sous-bois avec cours d’eau à proximité. Attention car on peut le confondre avec le muguet qui est très toxique.
- Un petit peu de bourrache. J’en ai vu d’autre qui ne va pas tarder à fleurir et se développer, alors je prends mon mal en patience. Ca a un goût d’huître, et j’aimerais faire une huile aromatisée avec, mais il m’en faut en plus grande quantité.
- Des cailloux! Surprise! Je ne veux pas les mettre dans une soupe, bien sûr, mais les peindre. Je mettrai le résultat par ici quand ce sera terminé. Pour le moment, la première couche sèche.
Il ne vous aura pas échappé qu’un joli stylo rouge repose tranquillement au milieu de mes poireaux. Il s’agit d’un stylo trouvé par terre, déterré, lavé consciencieusement. Il fonctionne très bien et est rechargeable. J’ai donc désormais un nouveau stylo pour mes notes!
Ensuite, j’ai écouté ce très intéressant podcast sur les prêtresses dans la Grèce antique. Il m’a replongée dans mon intérêt pour cette période. J’ai immédiatement repensé à la mystérieuse Artémis Polymaste d’Éphèse, qui siégeait dans son temple, considéré comme l’une des sept merveilles du monde antique. J’ai alors eu envie de la dessiner dans mon carnet à croquis, en commençant de façon contre-intuitive. D’abord avec un épais calame et du brou de noix, puis les détails à la plume et à l’encre de Chine, sans trop en faire. Les plages de couleurs ont été réalisées au feutre colorex.



Je trouve toujours très amusant que les premiers archéologues qui ont étudié la statue aient d’abord commencé par imaginer qu’elle portait un collier de dattes ou de figues. En réalité, il s’agit de seins multiples, ce qui ne manque pas de nous questionner, dans notre apparence de modernité. Artémis est souvent réduite à une déesse chasseresse vierge et libre. Bien loin d’une fière matrone nourricière…c’est oublier que la poitrine n’a pas toujours eu l’apanage de l’érotisme, et qu’Éphèse se situe en Turquie, ou en Asie Mineure, sur un site éloigné de la « Grande Grèce », et où prévalaient des divinités plus anciennes, comme Astarté, qui représentait une féminité royale, insaisissable et impitoyable. La statue que nous connaissons aujourd’hui est une réplique en albâtre jaune, l’originale était faite d’ébène noir. Elle était régulièrement ornée de bijoux, de vêtements et lavée. Effectuer ces tâches était un privilège.
Je crois qu’il s’agit d’une de mes œuvres d’art antique préférées. A l’origine, avant reconstitution par sous le règne des Farnèse, elle ressemblait probablement à ça:

Enfin, je vous l’avais promis, une photo d’un visiteur de passage, venu se reposer sur mes volets. Âmes sensibles, c’est le moment de détourner les yeux si vous n’aimez pas les insectes. Je dois dire que j’ai rarement vu un criquet aussi gros:

Il s’agit d’un criquet migrateur, oui, mais de quel type? Une conversation avec un entomologiste qui passait dans le coin il y a quelques mois m’a appris qu’on pouvait trouver par ici des criquets du Nil, qui remontaient de plus en plus à cause du réchauffement climatique. J’en ai déjà vu quelques uns autour de chez moi, ils ont la drôle de particularité d’avoir les yeux tout rayés verticalement. On ne peut pas s’y tromper.
Et vous, que se passe-t-il autour de vous en ce printemps? Qu’est-ce qui vous interroge? Vous occupe?
A bientôt pour de nouvelles aventures.
Elisa

